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  • Lilie

BARBARA

Mis à jour : 2 nov. 2018

Après une première nuit un peu agitée par de la musique aux alentours dû au samedi soir, nous nous réveillons tranquillement dans ce beau parc ensoleillé où nous savourons un bon café et faisons connaissance de nos voisins de place de parking. Il s'agit de Sergio (argentin) et d'Anastasia (russe) qui voyagent comme nous mais en camping-car. Ils habitent Cordoba en Argentine et partent sur la route très fréquemment en vivant de leurs photos. Nous sympathisons vraiment avec eux, prenons le petit déjeuner ensemble et partons à la plage l'après-midi. Ana s’essaie même au surf pour la première fois. Nous sommes tellement bien avec eux à Santa Barbara que nous décidons de repasser une nuit sur place. Nous prenons un bon apéro au parc devant un beau coucher de soleil et quelques personnes qui ont l'air de pratiquer l'art de l'enlacement et du câlin en groupe. Nous décidons de joindre nos forces pour cuisiner un bon souper et c’est durant la préparation qu’une chose incroyable se produit dans le ciel noir au-dessus de nous. On aurait dit deux engins spatiaux qui se tiraient dessus mais des locaux nous ont ensuite confirmés que c'est juste la compagnie Tesla qui envoie des satellites dans l'espace. Quoi de plus normal. Nous avons été ébahi par les couleurs et les faisceaux bleus lorsque le satellite est entré dans la stratosphère. La partie qui s'est détachée, quant à elle, s’est totalement désintégrée telle une étoile filante tombante. De la pure science-fiction… Nous reprenons un verre et partageons ensuite un délicieux souper dans le camping-car, les initions au yatzi et allons nous coucher paisiblement après une super journée en leur compagnie !

C’est en pleine forme que nous nous réveillons le lendemain et profitons encore d'un petit déj. avec nos amis argentin. Et c'est en début d'aprèm que nous nous séparons, toujours en direction du sud. Nous régalons nos yeux des beautés de la côte, nous nous arrêtons manger près de Malibu Beach et continuons notre route vers le fameux Venice Beach où nous trouvons une place de parking gratuite dans un cul-de-sac à 100 m de la plage et aucune interdiction d'y dormir : parfait ! Nous arpentons la plage et découvrons les mille et un personnages qui nous entourent, c'est un melting-pot de tout ce que l'on peut imaginer et les gens à la rue y sont nombreux. Évidemment nous admirons les pro-skateurs dans le célèbre skatepark de Venice Beach qui nous rappelle notre jeunesse avec les jeux vidéo de Tony Hawk. C'est ensuite les surfeurs que nous regardons sous un beau soleil couchant. Pour fêter ça, nous nous offrons un bon resto thaï et continuons d'être ébahi par les gens bizarroïdes qui sortent encore plus la nuit tombante. On a d'ailleurs un clochard qui a monté sa tente sur le trottoir juste à côté de la porte de Prosper. Et c'est paisiblement que nous cohabitons.

Au réveil, notre voisin est déjà en train de remballer son campement, nous lui proposons un café mais il refuse gentiment sous prétexte que la caféine ne lui convient pas. Il en profite pour nous demander d’où nous venons et lorsque nous mentionnons la Suisse, sa culture générale s’extasie et il nous rappelle qu’Albert Hoffman, inventeur du LSD est suisse aussi. Nous sommes bien à Venice Beach, pas de doutes. On avale les nôtres (de café bien sûr) et reprenons la route assez vite pour quitter la folie de cette banlieue de Los Angeles. À Manhattan Beach nous nous arrêtons pour une session surf et enfin l'océan est convenable. Lilie s’y risque même sans combi. Elle renoue enfin avec cet élément qu'elle aime tant ! Alex au pic prend quelques conseils d’un gars local très sympa. En le quittant à la fin de la session, le gars en question lui propose d’aller jeter un oeil à sa galerie photo sur la rue principale. Il s’agit en fait de Bo Bridges, le célèbre photographe acclamé depuis plus d’une décennie dans le monde de la photo de sport et d’art cinématographique. Belle rencontre ! On est heureux comme des gosses après une bonne douche et partageons un bon fish and chips à la plage avant de reprendre la route. C'est toujours aussi beau le long de la côte californienne. Elle nous séduit de plus en plus. La vie est douce et le climat d'octobre très agréable. Nous atteignons Dana’s Point. Et trouvons un joli spot de parking près d'un parc qui surplombe la marina et la plage avec une vue splendide : ce sera notre coin pour la nuit. Nous descendons explorer les alentours et à la plage nous découvrons un terrain de jeux pour les surfeurs de tout âge. Petit apéro au soleil couchant, un bon dîner et un film avant de dormir profondément.

Doux réveil et nous passons la matinée dans un chouette café où nous bossons bien, puis reprenons la route vers San Clemente, charmante petite ville qui nous a tout de suite plu. Au centre nous y avons trouvé un magasin de surf avec des soldes intéressantes. De ce fait, nous avons acheté un bodyboard et une combinaison de printemps pour Lilie et un lycra pour Alex. Le tout pour un bon prix ! Enchantés de cet investissement nous filons à la plage et testons le body et le Lycra. Pas besoin de combi, l’océan commence à être à bonne température. Une rincée et nous récupérons Prosper sur le parking avec un joli papier rose sur le pare-brise… et merde ! On avait évidemment pas payé le parking et cela nous coûte 43 $ au lieu de 1,50 $ de l’heure. Ce n'est pas grave, ça fait partie des aléas, on verra si on le paye ou pas. Nous nous arrêtons ensuite chez un barbier pour un petit rafraîchissement capillaire pour Alex. Nous faisons la connaissance d’Omar, barbier depuis tout jeune, qui vit en Californie depuis plus de 30 ans et marocain d'origine, avec un français qu'il a oublié. Il est de Fez, comme notre toutou chérie, le monde est petit ! Il nous donne même un rabais sur le tarif final, la rencontre d'un bel artiste ! C'est comblé de joie que nous partons ensuite vers Oceanside qui est déjà le nord de San Diego, la frontière est de plus en plus proche !! Avec la nuit qui tombe rapidement, nous nous arrêtons sur un grand parking en bord de plage qui semble très fréquenté par les voyageurs. Il est autorisé de dormir mais contre un payement de 20 $. Alex part vérifier les conditions, Lilie en profite pour aller aux toilettes et à notre retour aucun des deux n'a les clés et bien sûr, Prosper est fermé. Voilà, nous sommes enfermés dehors ! La patience légendaire de Lilie atteint son point de bascule et elle commence un peu à beugler après Alex. Et là, comme par magie, à côté de nous, un gars nous demande s'il peut nous aider (ayant compris la situation) et comme par hasard, il est serrurier et voyage avec son camion de boulot tout équipé. Nous n'en croyons pas nos yeux, quelle coïncidence ! Il sort sa trousse de travail et détend l'atmosphère en nous prouvant à quel point il est facile de braquer Prosper. En même pas deux minutes et avec un semblant de matos, il ouvre le loquet de la porte comme si de rien. Nous sommes stupéfaits ! Nous le remercions vivement et pour lui témoigner notre gratitude nous l'invitons à partager un bon apéro et ensuite un bon souper. Nous faisons donc la connaissance de Michael, un Texan de 53 ans qui a compris beaucoup de choses à la vie et qui se démarque de la plupart des Texans qui sont selon lui très fermés et conservateurs. Nous passons une super soirée à ses côtés et finalement omettons de payer par choix. Il faudra nous réveiller tôt pour éviter d'être amendé. Nous tentons le coup ! Après de beaux échanges nous partons nous coucher et dormons bien.

À l'aube, nous déplaçons Prosper sur un autre spot et Alex se délecte de mater les surfeurs qui s'exécute sur des monstres vagues. L’océan est déchaîné ces jours. Cela est dû à l’ouragan Sergio qui a frappé sur les côtes de Baja au Mexique. Alex trépigne et nous décidons donc de trouver un coin un peu moins dangereux où il pourra s’essayer à prendre quelques vagues. Mais elles sont quand même trop brutales, il finira la session avec une côte froissée. Cette journée n’a pas démarré pas sous les meilleures augures et nous le sentons bien. Il y a plusieurs émotions qui nous envahissent. Et puis il y a aussi ces moments où nous mangeons peu voire pas du tout et cela se reflète sur nos énergies communes. Après quelques sanglots et des accolades nous partons pour notre rendez-vous Apple car l’ordinateur d'Alex semble avoir la batterie qui s'affaiblit. Le technicien nous rassure quant à l'urgence de changer la batterie et nous partons vers La Jolla qui a l’air parfaite pour passer la nuit. Il y a un parking gratuit en bord de plage et Mère nature semble vouloir nous apaiser avec un des plus beau coucher de soleil auquel nous avons pu assister depuis notre retour sur la côte. On se détend avec un bon apéro, conversons longuement et partons nous poser sur une rue adjacente pour la nuit. Nous sommes tellement reconnaissants d'avoir notre petite maison sur roues chaque soir. La nuit sera paisible.